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La Chine Leader mondiale de la tomate en conserve :

En 10 ans la Chine s’est imposé en remodelant le marché mondial de la tomate, avant les acteurs historiques du marché, chose impensable il y a quelques décennies connaissant les habitudes de consommation traditionnelles du pays.

La Chine a lancé son industrie de transformation de tomates dans les années 80. Très limitée dans un premier temps, elle a connu une accélération à partir du milieu des années 90, avec certaines années une croissance de 25%. Pour l’essentiel, situé dans le nord-est du pays (Xinjiang) où les terres agricoles disponibles étaient très étendues, la production a été orientée vers le produit le plus aisément exportable, c’est-à-dire le concentré de tomate. Deux groupes locaux dominent le marché et réalisent plus de la moitié des exportations : Cofco et Chalkis.

Après avoir vendu ses produits dans les pays voisins, le pays a rapidement étendu ses exportations vers l’Europe, la Russie et l’Afrique. Sa production atteint 6,5 M tonnes, en moyenne, ces 5 dernières années, mais elle est relativement volatile, oscillant entre 3,2 et 8,5 M tonnes de 2007 à 2013, les prévisions pour 2014 étant de 5,7 M tonnes.

L’explication provient des conditions climatiques mais également de l’arbitrage de plantations en faveur du maïs et du coton.

Bien qu’étant l’un des principaux fournisseurs en tomate fraiche dans la région, c’est bien dans la filière de la tomate en conserve que la puissance de la chine s’exprime à l’international

La Chine, un danger pour les pays leaders historiques de la tomate transformée ?

La tomate de transformation représente ¼ de la production de tomate dans le monde.
Cependant, cette moyenne cache de réelles disparités en termes d’habitude de consommation. Les pays occidentaux consomment en effet beaucoup plus de produits transformés que les pays émergents, où ces derniers ne sont pas encore entrés dans les habitudes alimentaires : c’est le cas pour l’Inde et la Chine par exemple.
La Chine a rejoint le trio de tête sur le plan de la production et dispute à l’Italie la seconde place, loin derrière les Etats-Unis. Ces trois pays représentaient en 2013 près de 60% de la transformation de tomates où la Chine domine avec plus de 37%.

Après une très forte croissance dans les années 90/2000’, la Chine peut-elle distancer l’Italie et même devenir leader mondial ?

Les Etats-Unis, avec plus 11M tonnes, réalisent près de 95% de leur production en Californie, qui jusqu’à récemment, était totalement ou presque orientée sur le marché intérieur. Néanmoins, les exportations sont en progression ces dernières années et même si elles représentent moins de 6% des volumes produits, cela reste important au regard du faible taux d’exportations du secteur (15%), la tomate transformée étant surtout consommée localement.
Ça n’est pas le cas de l’Italie, pays à l’origine de la transformation de la tomate, qui bénéficie d’une tradition et d’une image de qualité.
L’industrie locale résolument orientée vers l’export, démontre dans ce secteur, comme dans d’autres, sa capacité à apporter de la valeur ajoutée dans la transformation agroalimentaire. Ainsi, sa production comprise entre 4 et 4,5 M tonnes, selon les années, est exportée à plus de 40%, en priorité vers l’Europe de l’Ouest, mais également vers les Etats-Unis et l’Afrique. En raison de coûts de production en tomate d’industrie parmi les plus élevés des grands pays producteurs, l’Italie a besoin de maintenir son positionnement haut de gamme.

Peut-on imaginer un raz-de-marée de produits chinois ?

Tout d’abord, plusieurs pays bénéficient eux aussi de coûts de production peu élevés, à commencer par la Turquie, puis dans une moindre mesure l’Espagne, cette dernière ayant de réelles capacités à l’export. Certes, d’autres, comme la France, ont disparu ou presque du marché. Cette dernière ne dispose plus que de quelques acteurs non significatifs sur le plan global (<0,6% du marché). Mais la Chine ne représente « que » 10 à 15% de la production mondiale. Il est donc peu probable que ses capacités de production augmentent de manière suffisamment sensible pour réduire la concurrence, mis à part sur le concentré pour lequel elle représente 37% des exportations mondiales. Cela démontre encore une fois que la Chine s’est totalement focalisée sur ce seul produit. Par ailleurs, les prévisions de croissance du marché chinois anticipent un doublement de la consommation intérieure entre 2012 et 2017 ce qui l’obligera à orienter une partie de sa production vers son marché intérieur.

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